DIMANCHE DERNIER, PAS HIER MAIS CELUI D’AVANT


2019 
Performance

Fondation d’Entreprise Ricard, Paris, 2019
Mains d’Oeuvres, Saint-Ouen, 2019
DOC !, Paris, 2019



                                                                                                                                                                                                                                                                    Vidéo: Fondation d’Entreprise Ricard




SAVON NEUTRE ET CONTRADICTIONS


2018 
Performance, multiple, dessins
Résidence de recherche Pollen à Monflanquin

Vivarium, Rennes, 2018
POLLEN, Monflanquin, 2018
Frac Franche-Comté, Besançon, 2019









Photos : Pollen, 2018, crédit Pollen






Photos : Frac Franche-Comté, 2019, crédit photo gauche Clément Gérardin Droite Rose Lamy




Savon neutre et contradictions est une conférence dans laquelle se rencontrent la chimie, la logique et la rhétorique. Elle traite de la nécessité des oppositions, de leurs confrontations et de leurs complémentarités. Elle est suivie d’une édition.
Elle se déroule autour d’une table recouverte d’une plaque de savon domestique coulée, tamponnée et prédécoupée. La méthode utilisée pour sa fabrication est la saponification à froid, méthode utilisée notamment dans les fabrications artisanales ou encore DIY. Des gants en latex sont distribués au préalable afin que le public puisse toucher le savon.

En première partie est expliquée sa fabrication : avec de l’huile et de la soude. Ces deux produits ont des caractéristiques opposées : la soude est basique tandis que l’huile est acide, la soude est hydrophile alors que l’huile est hydrophobe,… Par leur mélange et leur confrontation, les produits se transforment lors d’une réaction chimique : la saponification. Durant cette réaction, l’huile et la soude non seulement se « neutralisent » - pour avoir un pH plus neutre - mais aussi créént des caractéristiques moléculaires contradictoires, et ce sont d’ailleurs ces contradictions qui font que le savon savonne.

Après ces explications, sont abordés les thèmes du neutre et de la contradiction dans le langage et la logique. La performance expose les possiblités de coexistences des opposés à travers une démonstration qui se contredit elle-même. C’est l’occasion de présenter les contradictions et les oppositions comme des nécessités, mais aussi d’en souligner les nuances. Quels sont les différentes relations que peuvent entretenir des oppositions ? Est-il possible d’être neutre et
contradictoire à la fois comme le savon ? Est-ce que contredire une contradiction reste toujours une contradiction ? …

La conférence se termine en évoquant l’importance du point de vue dans la considération des oppositions. La plaque de savon est alors divisée et découpée en plusieurs savons qui deviennent une édition. Après la performance les savons sont distribués dans des pochettes. En étant utilisés, ils prennent le relais de la performance « Et quand il n’y a plus rien à dire à propos de savon, plus rien à savonner, c’est qu’il n’y a plus de savon. »

La composition des savons varie d’une version à l’autre.

Savon neutre et contradictions a bénéficié du soutient de la DRAC Nouvelle Aquitaine, du Conseil régional Nouvelle Aquitaine,
du Conseil départemental de Lot-et-Garonne et de la Mairie de Monflanquin.

Elle avait fait l’objet d’une première version Saponification, présentée au Vivarium à Rennes. 

LA VISITE


2017
Performance, multiple, dessins

Bains Municipaux de Mulhouse, 2017
 











Photos : Sébastien Bozon




«Donc mettons nous avant tout d'accord sur les termes « vide » et « plein », parce que ce n’est pas toujours évident, souvent ça prête à confusion. Il paraît tout à fait normal de       considérer que quand ma piscine est pleine c'est d'eau et que quand elle est vide c'est aussi d'eau. Et bien oui parce que si je dis qu’elle est vide d'air en fait ça veut dire qu'elle est pleine d'eau. Mais quand on dit qu'un objet est plein c'est qu'il est rempli d'une matière, l'air étant aussi une matière il faut accepter de dire que la piscine peut être pleine d'air aussi, autant que quand on dit qu'elle est vide d’air et vide d'eau. J’ai donc ici deux états. À moins que, troisième hypothèse, c'est que ma piscine ne soit ni pleine d'air ni pleine d'eau, qu'elle soit vide d'air et vide d'eau, pleine de rien vide de tout et dans ce cas là pleine de vide. Je rajoute donc ma troisième possibilité de remplissage de ma piscine : j'ajoute l'état pleine de vide, et je note que les deux autres états peuvent donc aussi être vides de vide. »




Photos 1, 2, 3 : Sébastien Bozon,  Photo 4 : Cyril Charpentier








La performance La visite a été écrite pour l’exposition Grand Bassin, évènement donné aux bains municipaux de Mulhouse et réunissant les lauréates de la biennale Mulhouse 015. Lors de l’évènement, les piscines restaient ouvertes au public et gardaient leur fonctionnement habituel. Vêtue en employée de service de la piscine, j’accueille les spectateurs dans le hall du bâtiment, les amène à visiter les bains romains, en y expliquant le contexte historique de construction des lieux. J’y mêle des anecdotesdu personnel, de visiteurs de différentes époques, du fonctionnement technique, jouant de la frontière entre les histoires et l’Histoire, et insiste sur les règles d'hygiène et de sécurité. Ces anecdotes, histoires et informations avaient été glanées lors d’une semaine de visite et d’observation du bâtiment, de rencontre avec le personnel, qui avait eu lieu quelques mois auparavant. J’encadre le public tout au long de l’évènement et l’accompagne dans les salles des petit et grand bassins, voir les performances des autres artistes. Puis, je conduis les spectateurs dans les sous-sols du bâtiment, pour montrer les cuves des bassins et les locaux techniques. Dansla buanderie, je propose au public de s’asseoir et débute une démonstration sur le vidage des bassins, y opérant un glissement sémantique autour de l’expression du verre « à moitié plein et à moitié vide », adaptée aux piscines. J’évoque, en partant d’un jeu de langage, l’impossibilité d’obtenir une piscine totalement vide, ou totalement pleine, l’absurdité de raisonner avec un schéma binaire, et de considérer le vide. C’est au cours de cette conférence que le public s’assure alors que je ne suis pas une employée de la piscine, et que l’explication du fonctionnement technique des bassins est un mobile pour entrer dans des élucubrations prétenduement scientifiques. Aussi des schémas et objets extraits de la démonstration étaient disséminés comme des indices dans les salles des bassins. Ainsi la conférence remet en question le sérieux des explications et informations données depuis le commencement de la visite. Pour la dernière
partie de la performance, j’accompagne le public dans la salle de la chaufferie, avec la très vieille chaudière au charbon toujours en fonction et cède la parole à l’employé technique sur place, qui explique son fonctionnement. Le public est raccompagné à la sortie.

La visite inclut également Les verres, une série de 32 sculptures ainsi qu’une série de 12 schémas sur miroirs.

Il a fait l’objet du catalogue d’exposition GRAND BASSIN, édité en juin 2018 par Zéro2 Éditions et distribué par Les Presses du Réel.


1 - a


2016
Performance 

La Kunsthalle, Mulhouse, 2016
Le Wonder, Saint-Ouen, 2016





La performance 1 - a est une conférence dans laquelle est abordé le principe de la négation, s’appuyant sur sa définition en logique algébrique, et sur des exemples littéraires et philosophiques (L’évolution créatrice, Bergson ; L’Odyssée, Homère…). Elle tente de déconstruire le fonctionnement binaire que nous attribuons à la négation, dans son rapport à l’affirmation.

Le public se compte afin de pouvoir considérer les différents acteurs de la performance selon les règles de la grammaire classique, le locuteur - performeur - tient le rôle de la première personne, les spectateurs - interlocuteurs - sont deuxièmes personnes. La troisième personne inclut toutes les personnes ou objets dont on parle, qu’ils soient présents ou non.
Une poupée verte représente les troisièmes personnes présentes, elle est nommée Personne (dans le sens de « un individu »). Une poupée rouge représente les troisièmes personnes absentes, elle est aussi nommée Personne (ici dans le sens de « un individu absent : il n’y a personne »). Le raisonnement nous amène à considérer toutes les personnes absentes, qui d’une façon ou d’une autre ont pu ou auraient pu participer à la performance (auteurs, spectateurs absents, etc.).








« J’avais essayé d’expliquer cela de façon rationnelle, alors je m’étais dit que :
    si le mot « Personne » signifiait 1 individu
    et que le mot « Personne » signifiait aussi 0 individu,
    Alors sachant la propriété de transitivité Pour touts réels, a, b et c,
    si a = b et b = c, alors a = c, on obtiennait alors 1 individu équivaut à 0 individu.
    En développant le calcul, il serait très facile de prouver que 0 individu est aussi égal à, 
    pour le coup, X individus. Pourquoi pas …
    Évidemment c’est un sophisme, nous savons très bien par expérience que
    quand il y a foule l’ambiance n’est pas la même que quand il n’y a Personne. »

(histoire(s))


2015
Performance, dessins

Cité internationale des Arts, Paris, 2017
Le Wonder, Saint-Ouen, 2016
Galerie Épisodique, Paris, 2015
Biennale de Mulhouse015, 2015

Prix de la Jeune Création Mulhouse015
 
Photo 1 : Salim Santa Lucia


La performance (histoire(s)) est une démonstration, donnée pour la première fois lors la Biennale Mulhouse015, dans une installation. Son dispositif recréait un espace de conférence au sein de l’exposition. Puis elle a été rejouée à Paris en juin 2015 à la galerie Épisodique lors de l’exposition Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps, en novembre 2016 au Wonder lors de L’Hiver chaud, ainsi qu’en décembre 2017 à la Cité internationale des arts lors de l’évènement Public Pool #4 .

La performance est une brève épopée dans laquelle se rencontrent l’absurde, la littérature et les mathématiques.
Elle débute sur une courte lecture d’un extrait de Don Quichotte, au cours duquel le héro déclame son nom, et espère qu’un jour de futurs auteurs écriront sur ses aventures, afin de relayer ses « fameux exploits ».
Puis, à travers un raisonnement prétenduement scientifique, et dans un langage emprunté aux mathématiques, la performance questionne la transmission de sa propre situation.

A - Dire et B - Écrire sont présentés comme des actions pouvant s’associer dans des combinaisons algébriques sans fin, faisant appel à leur écho X - Entendre et Y - Lire.

Le raisonnement énumère peu à peu l’ensemble des protagonistes de la situation ainsi que l’enchaînement de leurs actions :
- Don Quichotte, le héro qui dit,
- Cervantes, l’auteur qui a retranscrit,
- Jean Canavaggio, le traducteur qui a réécrit,
- Le performeur, qui dit/lit
- Le public qui à son tour pourra dire ou écrire en parlant de la performance
- …

Plus il y a d’émetteurs, plus il y a de récepteurs - qui à leur tour deviendront émetteurs. Considérés sur le même plan, tous sont autant de relais de la volonté de Don Quichotte, mais aussi d’auteurs de la situation. En effet, l’écriture de cette situation réside dans la présence de chacun, passive ou active, au moment de la performance, que l’on écrive, que l’on dise, que l’on entende ou que l’on lise.

Le dispositif de l’installation produite à Mulhouse en 2015 incluait également 5 schémas au murs à la craie de dimensions variables ainsi que 6 schémas à l’encre de Chine sur papier paperboard.